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Escales à deux roues retour sur le périple entre escalade et vélo

06 Décembre 2017
Evènements
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On vous avait présenter Escales à deux roues le projet de Mélanie et Bastien.

 

Voici le retour en quelques lignes de 7 mois de périple en vélo et escalade.

 

 

Faire le bilan de sept mois d’émotions ? Dure mission… « Quel pays avez-vous préférés ? » est une des premières questions posées (avec « Combien de fois vous êtes-vous douchés » mais celle-là on préfère éviter d’y répondre…). Partons de cette question alors !

Malgré quelques moments difficiles de début de voyage, avec les blessures qui s’enchainent en France puis en Ligurie, mais qui finalement nous ont permis de d’appréhender dès le début du périple la gentillesse et la générosité des personnes que le hasard a mis sur notre route, les dix jours presque ermites dans une grotte resteront un bon souvenir !

 

Découverte de la Sardaigne, nous sommes charmés par la beauté de l’île, l’eau turquoise, les falaises granitiques dentelées et les murs de gouttes d’eau calcaires qui nous ont permis d’enchainer de belles journées d’escalade. Les difficultés rencontrées de jour comme de nuit lors des moments de grand vent ou à cause des harcèlements quasi quotidien des chiens errants, domestiques et de troupeau ont été largement atténuées par le chaleureux accueil d’Aline et Patrick venus nous chercher sur la route par un soir de grand vent et d’aboiements flippants pour nous offrir le gîte et le couvert. Rencontre inspirante, ça on peut le dire !

En Sicile, nous sommes malheureusement choqués et importunés par les odeurs nauséabondes et les paysages gâchés par les décharges à ciel ouvert qui jonchent notre route. Mais pour palier à cela, rien de mieux que d’oser aller à la rencontre de l’habitant. Première fois du voyage que nous osons sonner à une porte pour demander un abri pour la nuit, et la gentillesse de Giuseppe nous a donné envie de recommencer ! Enfin, nous gardons de chauds souvenirs de nos premiers contacts, avec la chaleur et le rougeoiement des laves de l’Etna et du Stromboli en éruption, magnifique Nature !

Premiers problèmes mécaniques dans le sud de l’Italie… Bien sûr parmi tout le matériel de réparation que nous avons emporté, il nous manque de quoi pallier à la panne, en plein week-end de Pâques ! Encore une fois, c’est sans compter sur la sympathie de Francesco qui nous aide à trouver une solution à notre problème, et nous invite à fêter ça autour d’un café/brioche qui se terminera tranquillement en apéro vin/saucisson au piment de leur propre fabrication. Cela donne presque envie d’avoir des soucis matériel plus souvent ! Moins d’escalade majeure dans la Calabre et les Pouilles, mais que de belles rencontres nous avons fait !

Après trois mois à nous habituer à parler italien, nous faisons le grand saut linguistique en débarquant à Igoumenitsa où l’on découvre l’alphabet grec. L’escalade dans les Météores se mérite, après une grosse montée de col que nous avons le bonheur de faire sans être importunés par les voitures et quelques grognements canins intempestifs. Souffrant de la canicule dès la mi-mai, nous rechargeons les batteries quelques jours chez Marie-Lou et Costas où l’on se sent comme à la maison. Puis le Péloponèse nous enchante avec ses paysages magnifiques et ses falaises à colonnettes. Nous faisons la connaissance de Maé et Sylvain, grimpeurs et joueurs de coinches avertis, avec qui nous voyagerons deux semaines en faisant des parties de cartes endiablées lors des sessions pluvieuses nous empêchant de grimper. Tout de bon !

    

Retour à la vie insulaire en Crête. Les pistes raides et la chaleur caniculaire ont fait du mal au moral et aux jambes. Difficile d’apprécier les pauses escalades tant les conditions météo ne sont pas propices. Pourtant, la beauté des paysages et l’accueil généreux de Stelios dans son chouette restaurant Dounias, nous auront laissé de beaux souvenirs crétois.

Idem à Kalymnos, dur de profiter de la grimpe moite voire humide en pleine fournaise, mais la typicité de l’île, ses couchers de soleil, ses plages et ses habitants adoptifs tels que Saskia, Josen et Fred nous auront fait apprécier notre séjour sur l’île des chasseurs d’éponges.

On quitte l’Union Européenne avec un petit goût d’aventure, première vrai frontière. Un petit tour en Macédoine, parcs naturels, lac, rivière et source d’eau chaude nous enchantent, tout comme notre rencontre avec Marku, barbier francophile bon et généreux.

Malgré les préjugés que beaucoup de gens ont sur l’Albanie, nous sommes charmés par ce pays et ses habitants. Moissons à la main, charrettes tirées par des ânes, villages en terre battue, nous avons l’impression de pédaler dans un autre temps. Nous nous régalons des paysages de montagne, mais faisons aussi face à notre unique peur du voyage en grimpe, le Monte Arapi ce n’est pas de la rigolade !

C’est à huit roues que nous passons au Monténégro. Trois jours en quatuor pour découvrir le sud du pays magnifique entre lac, rivière et châtaignerais. Puis nous jouons aux bergers amateurs dans la famille de Danjela qui nous accueille comme des princes dans les montagnes de Dürmitor. Pas d’escalade monténégrine, mais quelle rencontre marquante !

La Bosnie et son histoire tragique nous touchent. Les mines, encore présentes, ne nous auront intimidés qu’une seule fois, lors d’une recherche de bivouac tardive. Il faut aussi faire face à quelques problèmes mécaniques, qui arrivent fort heureusement lorsque nous sommes à Sarajevo, gentiment hébergés par Thierry le temps de trouver toutes les pièces manquantes. Et la Bosnie, c’est aussi de fraiches rivières turquoise où se baigner alors qu’il fait trop chaud pour grimper.

 

La Croatie c’est en express pour cette fois ci. Deux jours de traversée contrastés, entre la foule dysnelandique à Plitvice et les petites routes de campagne tranquille bordées de mûres bien mûres !

Quel accueil en Slovénie ! Joze, Joanna, Franci, Marjan et sa famille puis Ana et ses bouts d’chou, on nous héberge gentiment bien souvent. Les bivouacs au pied des falaises, certes pas génial pour la grimpe, prennent le relais parfaitement les autres nuits. Les trois jours au Triglav, avec l’ascension de sa face nord, nous auront bien plu malgré les fins de journées pluvieuses.

 

Petit détour autrichien pour bénéficier d’un itinéraire cyclable jusqu’aux Dolomites. Pluvieux mais fourni en abris de dernière minute avant l’orage !

Enfin les Dolomites et ses imposantes et majestueuses falaises. Il n’y a pas que nous qui voulons en profiter, quelle foule aux Tre Cime di Lavaredo. Après une petite adaptation au froid la nuit et à la raideur des parois, nous apprécions grandement ces quelques journées, que nous avons malheureusement dû écourter.

 

Alors oui, comme vous pouvez le voir, chacun des pays que nous avons traversés nous a ouvert les portes de ses merveilles, tout en vivant aussi de temps en temps des moments moins agréables. Ne pas choisir mais retenir la multitude des petits bonheurs quotidiens qui nous ont été offerts, sublimés par les difficultés inhérentes au voyage.  Et réaliser la chance qui nous a été donnée de vivre cette aventure. De grimper quand nous le souhaitions.

De pédaler pour nous déplacer. De dormir au grand air. De faire la sieste à l’ombre d’un arbre. De découvrir les spécialités culinaires locales. De vivre au plus près de dame Nature. De partager cela à deux en amoureux.

Mais une chose est sûre, quelques soit la beauté des paysages traversés, la diversité des falaises grimpées et la saveur des plats goûtés, rien ne peut égaler la chaleur des personnes rencontrées qui nous ont accueillies avec bon cœur et générosité. Merci à tous ces inconnus qui ne le sont plus, de nous avoir donné foi en l’humanité en ces temps que les médias ne cessent de noircir.

Merci d’avoir façonné notre voyage à votre image !