Camp - Cassin - Camp Safety

Julia Virat réalise l'ascension en solo de El capitan en 11 jours

14 Novembre 2018
Evènements
Julia Virat réalise l'ascension en solo de El capitan en 11 jours

Julia Virat athlète CAMP revient de 11 jours d'ascension en solo dans El capitan par la Triple directe (Yosemite)

Une aventure impressionnante sur laquelle elle revient en détail pour CAMP

 


"El Capitan est cette immense montagne californienne magnétique qui attire les grimpeurs du monde entier dans le parc du Yosemite.


Sa première ascension, il y a exactement 60 ans, avait occupé Warren Harding et ses coéquipiers successifs durant 47 journées réparties sur presque 2 ans, une épopée d’une toute nouvelle ampleur !

J’ai gravi cette paroi pour la première fois il y a 7 ans, ça avait été une incroyable découverte pour moi de passer autant de temps dans un mur et depuis, j’y suis régulièrement retournée tant son attrait est resté fort.
Depuis plusieurs années, j’avais ce rêve secret et un peu fou d’en faire l’ascension en solo, mais il m’aura fallu du temps et de l’entraînement pour oser m’y lancer...

photo ©Calder Davey    

 
Et cet automne, j’ai enfin réalisé ce rêve en grimpant seule la voie de la « Triple Direct », une combinaisons de 3 voies mythiques : Salathé, Muir Wall et le Nose.
1000 mètres et 31 longueurs d’une escalade majoritairement artificielle (l’escalade dite « artificielle » est différente de l’escalade libre par l’utilisation de matériel spécifique qui permet de venir à bout de difficultés techniques trop grandes, mais c’est aussi beaucoup plus lent !)

Photo: ©Calder Davey    

J’ai vécu 11 jours intenses dans cet océan de granit, en dormant à même la paroi sur mon portaledge, fidèle compagnon de mes nuits suspendues...
L’enjeu principal d’une telle ascension concerne la logistique.
Il faut être constamment en train d’anticiper chaque mouvement, chaque manip, chaque longueur.
Le poids de mes sacs à hisser au départ était de 120 kilos environ, il faut vraiment être méthodique et patient !
Chaque erreur à rattraper peut coûter des heures.
Un autre paramètre de taille était la fatigue : j’accumulais, les unes après les autres, des journées de 15 heures environ et mon corps me faisait souffrir.
J’ai dû me battre pour garder un niveau de concentration élevé en permanence malgré la fatigue intense.

photo: ©Calder Davey    


Mais, plus important que tout, j’ai savouré des instants merveilleux exactement tels que je les rêvais, seule, à enchaîner les mouvements et les longueurs au rythme lent des allers-retours inhérents au solo, à contempler le vide grandissant sous mes pieds, à écouter le silence d’un ciel étoilé, à accepter chaque émotion et chaque doute, puis à les transformer en actions rationnelles et méthodiques, encore et encore.
Des moments d’une rare et savoureuse intensité.

Merci à mes proches pour votre soutien sans relâche.
Et à mes partenaires pour la confiance et la liberté que vous m’accordez."

Pour continuer l'aventure nous vous invitons à lire son article sur son blog afin de vivre les sentiments qui l'anime pendant cette aventure.