Camp - Cassin - Camp Safety

HUMAN ENERGIES, des USA...à la Chine...

21 Mai 2012
Evènements

Des nouvelles toutes fraîches de Max et Léo...

 

Remontée jusqu’à San Francisco :

Tijuana, tequila, sexo et marijuana. Tout est dit par Manu Chao. On débarque à la recherche de l’hôtel le moins cher. On trouve, mais on se rend vite compte que c’est plutôt le genre de lieu où les clients ne restent pas longtemps. Nous changeons donc.

Le lendemain matin, nous allons à pied à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis qui est directement (voire en plein milieu) adjacente à la ville. Pas de grand mal pour savoir où se rendre : une ligne de presque un kilomètre de personnes nous y mène directement, il suffit d’attendre… Nous on suit la file, on fait comme tout le monde. Sauf qu’après une bonne heure d’attente lorsque nous nous présentons devant le poste frontière gardé par de nombreux et valeureux états-uniens en costume, il nous dit non ! Et pourquoi non ? Tous les gens devant nous sont passés, et nous non ? Nous ne comprenons pas trop et puis finalement on nous explique que pour les touristes les demandes de visas sont à faire dans un autre bureau. Un peu avant. What ?! Et oui en fait les milliers de gens qui nous précédaient sont en fait des travailleurs mexicains qui se rendent aux USA simplement pour y travailler durant la journée. Et puis ensuite ils retournent dormir chez eux en quelque sorte. Incroyable de voir le nombre de Mexicains qui traversent la frontière chaque jour.

Bref, formalités réalisées une heure plus tard, avec l’aide d’un officier américain bien sympathique qui nous a même aidés à trouver une fausse adresse d’auberge de jeunesse à placer sur le papier d’immigration. Si ce n’est pas sympa ça ?! There we are, on american soil !!! On décide de ne faire que du stop afin de remonter jusqu’à San Fransisco. Let’s go.

Après deux heures d’attente à l’entrée d’une freeway, un policier qui nous demande de ne pas faire du stop ici et un grand nombre de personne ne nous apercevant même pas depuis leur immense SUV, nous avons la chance de se faire ramasser par un pasteur d’origine mexicaine, immigré aux USA. Il nous invite chez lui, dans une maison typiquement américaine. Moquette moelleuse, canapé étouffant, escalier de série et babioles plaquées or. Sa famille est super gentille avec nous. Le lendemain matin, il nous invite à l’église, on ne se voit pas vraiment refuser. C’est parti. Alors là attention. Nous ne sommes pas vraiment ce que l’on peut appeler des personnes pratiquantes. Se faire inviter aux États-Unis, à une messe dans une église Adventista du 7ième jour, par un pasteur mexicain, délivrant une célébration en espagnol à deux français. Complètement exceptionnelle pour nous. Le soir, des jeunes rencontrés durant la messe nous déposerons au-dessus de Los Angeles, sur la côte. Il nous faudra dormir dans un champ de citronniers, ce qui nous rappelle bien des souvenirs de notre nuit dans de similaires conditions en Espagne.

Le matin, de nouveau le pouce levé au bord de la route, le soleil brille, nous sommes surchauds. Cinq petites minutes d’attente seulement et un immense 4*4 s’arrête en manquant de créer un accident. La vitre se baisse, et la madame nous appelle : « Venez, je vous amène à la messe. Nous sommes le dimanche de Pâques, il faut que vous alliez à la messe. Vous allez voir, vous allez adorer ». Nous, plus trop chaud… On a déjà communié la veille. Mais bon, il faut avouer que l’endroit est assez mauvais pour faire du stop alors on décide de monter en espérant qu’elle va nous déposer à côté de l’église, à un lieu plus propice pour faire du stop vers le nord. Et puis finalement nous décidons d’aller à la messe, c’est le dimanche de Pâques tout de même. C’est parti. En fait d’église, il s’agit d’un magnifique stade de football américain (celui de l’université Santa Barbara City College). Et il est plein ! La messe commence. En lieu et place d’une messe classique, il s’agit plutôt d’un concert plein air. Un groupe complet est présent sur scène, il y a un pasteur qui fait de grands discours et tout le monde chante en Karaoké les paroles qui s’affichent sur les écrans géants. Nous sommes impressionnés. Tout le monde lève les bras au ciel. Je vous assure que c’est quelque chose d’assister à la célébration de Pâques, dans un stade de football rempli de personnes chantant avec un groupe de rock-reggae sur scène, face à une plage digne d’ « Alerte à Malibu ». Dire que ce matin nous nous sommes réveillés sous un citronnier.

Nous repartons, « let’s hit the road baby », San Fransisco nous attend.

Nous éprouvons un peu de mal à sortir de la périphérie de Santa Barbara. Après un peu d’attente et différents ride, nous avons le bonheur de découvrir la côte, la vraie, sur la Highway 1.  Petites collines venant se rafraichir les pieds dans l’océan ou prairies verdoyantes qui accueillent volontiers de belles vaches, nous apprécions ces beaux paysages, et décidons que notre nuit se fera au bord de l’océan. Nous échouons sur une plage de galets, un peu à l’abri du vent et surtout des regards des gardes côtes (le camping sauvage est strictement interdit ici). La tente est installée, à cinq mètres à peine des vagues qui viennent s’amuser avec les galets. Nous apprécions un repas sur le feu et nous glissons dans nos duvets. Il fait nuit noire, Léo me réveille. « Mec, check voir, j’ai l’impression que les vagues sont montées » J’ouvre la tente, passe ma main dehors pour sortir, et splash, en plein dans l’eau. En effet, les vagues sont montées, et pas qu’un peu mon neveux. L’eau lèche carrément notre guitoune. Situation urgence déclarée. Nous décampons, in extrémis, avant qu’une belle vague vigoureuse engloutisse nos affaires. Nous nous installons au sommet de la falaise qui surplombe la plage afin de finir notre nuit tranquille. Espérons que les gardes côtes ne soient pas debout aux aurores…

Nous continuons notre remontée californienne les jours suivants. Nous avons le bonheur de découvrir de vastes paysages qui viennent s’écrouler dans le bleu de l’océan. La route longe toujours la côte, mais les falaises de plus de 200 mètres succèderont aux prairies et collines, qui se feront dépasser par les belles étendues de conifères. Notre aventure en stop est des plus plaisantes. Nous rencontrons toutes sortes d’américains. Des hippies bien sûr, mais aussi des écologistes, des voyageurs, des personnes allant au travail ou des retraités qui connaissent déjà tout de la France. Après la découverte de la puissante marée présente sur la côte californienne, nous préférons dormir sur les hauteurs, dans la forêt. Des immenses redwood nous tiendront compagnie, ou encore un joli ruisseau à l’eau affreusement froide. Nous avons rencontré le soleil radieux, le vent, le brouillard, la pluie fine et bien sûr aussi la grosse trempée. Un soir, notre tente déjà trempée du matin, nous n’avons pas l’envie d’y dormir. Nous demandons alors l’hospitalité dans une ferme afin de dormir dans la grange. La sympathique dame nous propose même l’annexe de la grange, endroit au sec et ne sentant pas le cheval.

La veille de notre arrivée à San fransisco, nous nous arrêtons dans une ville de hippies pour y manger un burger et relever nos mails. Surprise, nous recevons un mail de la compagnie de Cargo nous indiquant que le porte-containeur sur lequel nous devions embarquer a déjà pris le large deux semaines plus tôt. What ?!!!!! Panique à bord mes zamis. On nous explique qu’il s’agit d’une erreur de communication entre les states et la France. Sauf que nous l’erreur, elle est que nous en sommes à l’heure actuelle à devoir nager en direction de la Chine si nous voulons continuer notre périple… Et tout ça avec nos sacs de 25 kilos. Heureusement, le lendemain, le problème est réglé. L’agence de la compagnie, qui est partenaire du projet, a pu nous retrouver deux places sur le porte-conteneurs HUGO qui part une semaine plus tard. Quoi ?! Mais c’est génial. Cela nous laisse une semaine de plus aux Zuhessas. L’aventure à la John Wayne continue… Nous sortons du café internet où nous avons appris la nouvelle avec le sourire faisant deux fois le tour des dents. Au bout de quelques minutes d’attente au bord de la route, nous voulons prendre une photo de notre bonheur. Mais il est où l’appareil photo ? Impossible de le retrouver ! Nous retournons à la ville précédente, marchons dans toutes les rues, faisons une déclaration de perte au shériff, mais rien n’y fait, notre bel appareil offert par les copains a décidé de prendre son chemin a lui. Sans nous. Nous racheterons exactement le même une semaine plus tard. En attendant, nous avons perdu toutes les jolies photos de notre odyssée californienne. Triste, la pluie tombe, nous sommes accueilli le soir par un jeune canadien vivant à San Fransisco, membre de la communauté Couch Surfer.

 

San Fransisco :

La ville aux rues en pentes et aux cable-car. Notre visite à San Fransisco fut assez agréable. Payam, le jeune nous hébergeant fut une personne super intéressante, très ouverte et avec qui nous avons eu de nombreuses discussions sur les modes de vie américains, les énergies dans le monde et d’autres sujets qui pourraient ennuyer certains. Nous avons eu le bonheur d’explorer la ville avec notre cher Gael Guétard, un ami des Mines qui s’apprête à faire son stage dans le coin. Cela fait assez bizarre de revoir un pote de Saint-Etienne après tous ces mois à faire de nouvelles rencontres, et ce ne fut pas pour nous déplaire. Rassasiement avec un immense burger ou encore une infinité de plats dans un resto de China town, ballade sur le Golden Gate en feu, marche dans les rues caractéristiques de San Fransisco, ces trois jours dans la région d’Apple, de Facebook et de Google nous ont montré une belle ville, très propres dans laquelle les habitants aiment manger « organic », se trimballer en vélo et s’orienter avec leur i-Phone qu’ils dirigent au son de leur voix. Nous avons même eu le plaisir de nous rendre dans la prestigieuse université de Berkeley afin d’y rencontrer un chercheur sur le sujet de l’accès à l’énergie.

 

Etat de Washington :

Comme vous l’aurez compris, nous avons eu une semaine de rab’. Nous repartons alors sur la route, en direction du nord, objectif état de Washigton. Nous souhaitons revoir le village dans lequel j’ai vécu un an il y a quelques années. Nous galérons un peu à faire les nombreux kilomètres qui séparent SF de Portland, mais notre persévérance et notre patience nous ont permis de faire toutes ces bornes grâce à notre pouce levé. Notre séjour à Randle, WA fut assez sympathique. Revoir des anciens amis, se balader au milieu des gigantesques redcedar et dormir dans la vieille maison qui m’a accueilli pendant un an. Nous avons pu découvrir la nouvelle école dans laquelle nous avons présenté le projet Human Energies à pas moins de 6 classes. Cela s’est très bien passé, ce qui est prometteur pour notre retour dans les classes primaires en France. Les enfants sont toujours aussi curieux, et nous toujours aussi avides de les faire rêver avec nos aventures. Après une courte semaine dans l’Amérique profonde du nord-ouest, il est temps de retourner en Californie, un certain cargo nous attends dans le port d’Oakland, et il s’agit de ne pas le louper…

Cargo :

Nous arrivons donc au port d’Oakland le 24 avril pour prendre notre bateau. Prendre un cargo c’est comme prendre un train, mais sans avoir d’indication et dans un lieu dix fois plus grand et surtout pas fait pour se déplacer à pied. Enfin après quelques difficultés avec les gardes du port on arrive enfin à monter sur le petit radeau du nom de CMA CGM HUGO. L’équipage est très hospitalier, mais au port il a beaucoup de travail, on nous montre donc le palace qui nous servira de cabine, on nous explique les règles de bases et voilà. Ce premier jour, nous sommes impressionnés par tout. Le bateau est gigantesque et tous les équipements sont démesurés. Les cordes d’amarres par exemple font 10 cm de diamètres…

Avant de vous expliquer un peu notre vie à bord, laissez-moi vous présenter le monstre HUGO. HUGO mesure donc 330 mètres de long et 45 de large. Il est le deuxième plus long de la compagnie NSB. Ah oui, il faut aussi que je vous parle de son propriétaire. Son propriétaire est une compagnie allemande. Cependant, tout ce qu’il y a à l’intérieur (équipage compris) appartient à une autre compagnie, NSB, qui en fait loue le bateau à l’autre compagnie. Enfin, CMA CGM, le charter, loue à NSB des emplacements pour les containers (dans les fait elle les loue tous, et pour 10 ans, ce qui explique le nom du bateau). Pas si simple donc de comprendre à qui appartient HUGO. HUGO peut transporter jusqu’à 8 000 containers (nous en avons 6 400 sur notre traversée). Imaginez qu’un container est l’équivalent d’une remorque de camion. 8 000 camions sur un bateau, ça commence à faire beaucoup ! Son moteur est puissant de 90 000 chevaux et consomme 70 tonnes de fuel par jour. Pour entretenir le petit Hugo, l’équipage est composé de 23 hommes (plus nous pendant cette traversée). L’équipage est divisé en 2. Les hommes travaillants sur le pont et ceux travaillants dans le moteur. Chaque division comporte 3 ou 4 officiers et le reste sont des petites mains qui lavent, peignent, huilent ou changent des pièces. Toutes ces petites mains viennent des Philippines, prix de main d’œuvre oblige. Le capitaine est en charge de chapoter tout cela. Sur HUGO on compte donc 3 polonais (dont le capitaine), 3 allemands, 2 français (nous) et le reste de philippins. La route d’HUGO est la traversée du Pacifique entre Chine et USA. Pour cela, il remonte jusqu’en mer de Béring, c’est la route la plus courte. Vous imaginez donc que la température extérieure n’a pas été des plus chaudes…

Je vais essayer de vous raconter une journée type sur HUGO :

On se lève à 7h 15 pour aller prendre le petit déjeuner, qui est toujours très copieux.

Nous faisons une séance de 2 heures de sport. Le bateau comprend une petite salle de muscu dans laquelle nous faisons vélo d’appartement, musculation et ping-pong.

Pour nous reposer de nos efforts, nous nous posons dans une de nos cabines pour regarder un film ou une série.

Midi, c’est déjà l’heure du repas. Il y a deux réfectoires. Un pour le crew et un pour les officiers (en fait les européens sur HUGO). Nous mangeons avec les officiers et avons un serveur (quel luxe pour nous). Les repas sont très copieux et on ressort toujours du réfectoire en roulant… Heureusement qu’on fait un peu de sport.

L’après-midi, nous lisons, regardons encore un film, travaillons pour le projet ou écrivons. Nous prenons aussi souvent l’air et nous baladons sur HUGO. Vu la taille de la bête, ça peut prendre un certain temps avant de faire le tour. Et puis on finit souvent l’après-midi par un sauna.

Le repas du soir se prend à 17h30 ce qui fait un peu bizarre. Nous avons ensuite le temps pour jouer aux cartes, boire un coup ou alors … regarder un film.

Bon il faut aussi savoir que dans cette journée type viennent se glisser un certains nombres d’activité annexes. Notre préférée : la visite. Les membres de l’équipage nous emmènent visiter les entrailles ou les organes vitaux du bateau. Nos préférés sont le moteur et la passerelle. Lorsque l’on rentre dans le premier, on se croirait dans une usine de chimie souterraine. Le moteur est gigantesque, avec pleins d’éléments annexes. Le résultat est un gigantesque espace rempli de pleins d’objets bizarres et de tuyaux, le tout faisant beaucoup de bruit et étant contrôlé depuis une salle digne d’une centrale nucléaire. Visiter le moteur nous donne vraiment une impression de petitesse. La passerelle est le lieu de commande du bateau. Situé au sommet, les officiers s’y relaient pour contrôler le bateau. Il y a ici beaucoup d’instruments de navigation, des boutons partout et beaucoup de matériel de navigation. Cependant, les officier utilisent toujours des cartes marines papier ce qui nous plait beaucoup. Nous montons presque tous les jours sur la passerelle pour savoir où nous en sommes et discuter avec les officiers. HUGO est un peu comme un monde parallèle qui flotte. Il est indépendant en tout point (sauf en énergie, fioul oblige…) et est largement comparable à une usine.

Ensuite, les samedis, c’est smoking. C’est en fait un barbecue en version polonaise. La capitaine organise cet évènement pour tous les officiers chaque semaine. Il s’agit de fumer des poissons ou des saucisses et de les manger jusqu’à plus faim, le tout dans la bonne humeur et avec de la bière alors que la température n’excède pas les 5 degrés.

Et puis, les dimanches, c’est l’église. On se retrouve tous au bar des officiers pour boire une bonne bière et discuter.

Voilà donc pourquoi malgré 3 semaines sur HUGO nous n’avons pas vu passer le temps. Même si l’ambiance à bord entre les officiers et les philippins n’était pas très bonne à cause du choc des cultures, nous avons quand même fait de belles rencontres et passer du bon temps avec l’équipage. Pendant 3 semaines nous n’avons eu qu’une seule nouvelle du monde, la victoire de monsieur Hollande. Pas si désagréable d’être coupé du monde pendant 3 semaines.

Nous allons d’ici peu débarquer en Chine. La transition risque d’être assez brutale entre ce cocon isolé du monde et l’agitation chinoise.