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09 Octobre 2012
Evènements

Finlande :

Nous vous avions un peu laissé sur votre faim, c’est le cas de le dire. Ne perdons plus de temps, finissons de vous décrire ce mémorable voyage.

Nous sommes donc entrés en Finlande le 6 juillet. L’union européenne et tout son confort nous y attendait, enfin c’est ce que nous pensions. Il nous faut tout d’abord avoir de la monnaie locale. Je vais donc à la banque pour connaitre le taux de change de la « couronne finlandaise ». Il se trouve que le taux de change est 1 – 1 avec l’euro puisque la Finlande est dans la zone euro… On avait trop l’habitude de changer de monnaie régulièrement pour y penser et du coup je ne vous dis pas la tête de la banquière…

Depuis Moscou nous ne faisons que du stop et nous comptons bien rallier notre France comme ça. Nous nous retrouvons donc très vite au bord de la route à lever le pouce direction la capitale, Helsinki, pour récupérer Ben, notre meilleur ami. Seulement au bout de 3 heures au bord de la route et sans aucune voiture arrêtée on l’aime beaucoup moins notre Europe… Finalement des jeunes un peu fous et arrosés nous inviterons sur leur bateau pour le conduire à leur place. Malgré cette galère nous passerons notre première soirée finlandaise sur une petite île. Il faut dire que le pays en compte près de 100 000 juste sur son littoral. Ils sont fous ces finlandais.

Le lendemain après une séance de stop difficile pour faire 150 malheureux petits kilomètres nous retrouvons notre pote. Premier contact avec un proche depuis bien longtemps, nous pouvons vous le dire, les retrouvailles furent chaleureuses.

L’aventure continue à trois. Nous appréhendons un peu le stop mais ça va le faire, question de volonté. Quelques jours après Ben, c’est Manu, le petit frère de Léo qui nous rejoint. Nous sommes donc quatre au bord de la route. Nous mettons donc en place des stratégies en se séparant, en cachant l’un d’entre nous dans un fossé ou autre… Et effectivement ce n’est pas facile mais la patience et l’audace finiront par payer et nous traverserons la Scandinavie entièrement en stop.

Au niveau hébergement ce sera simple : tente au bord d’un lac presque tout les soirs. La pluie est régulièrement de la partie mais nous faisons avec et nous profitons du jour permanent et du soleil quand il est là pour tout faire sécher. Qui dit lac, dit pêche. Nous pêchons donc  presque tous les jours et nous devenons des pros pour tailler des filets de brochets.

Un jour nous nous faisons inviter par un jeune qui nous prend à quatre en stop. Il a du temps et nous emmène dans sa « cabane ». Il entend par là une maison au bord d’un lac avec tout ce qu’il faut, ce qui est très courant en Finlande. En sa compagnie, nous pêchons sur le lac et il en profite pour sortir un brochet de plus d’un mètre. Je vous laisse imaginer nos yeux quand nous avons vu la bête. Le soir il fait chauffer le sauna. Nous sommes vraiment fatigués mais nous ne pouvons pas passer dans le pays du sauna sans gouter à ses plaisirs. C’est donc au soleil levant, soit vers 2 heures du matin que nous entrons dans l’étuve. Une première pour Ben qui souffrira, mais c’est ça de jouer aux aventuriers…

On cherche en vain des projets innovant d’accès à l’énergie. Ici l’habitat est dispersé, mais nous ne parvenons pas à trouver un projet original. On comprend assez vite qu’en Scandinavie il y a assez d’argent pour installer des lignes électriques ou des panneaux solaires, pas besoin donc de créer des organisations un peu innovantes. Cela sera confirmé en Norvège où l’on n’hésite pas à installer un câble sous-marin de 10 kilomètres pour alimenter une île de 10 habitants…

Si nous faisons donc un bilan de la Finlande nous pourrions dire 11 jours, 1000 kilomètres, 34 piqures de moustiques, 0 minutes de nuit, 23 poissons, beaucoup de pluie et surtout pleins de rencontres et de bonheur avec nos amis et frères.

Norvège et Suède :

C’est à trois que nous entrons en Norvège après une traversée rapide de la Suède. En effet, Yann le frère de Max a remplacé Manu et Ben.

La première chose qui choque ici ce sont les prix. La Norvège se bat avec la Suisse pour être le pays le plus riche du monde, pas étonnant donc qu’un café coute ici quatre euros.

Notre première destination sont les îles Lofoten, dans la partie nord du pays. Nous les traverserons d’Est en Ouest, soit près de 400 kilomètres. Ces îles sont une véritable forteresse s’avançant dans la mer de Norvège. Les pics de plus de 1000 mètres y rencontrent les ports de pêche à la morue.

Il est très impressionnant de voir où les norvégiens ont construit des routes. Certaines passent sous les fjords. Tout cela est possible grâce à l’argent du pétrole qui rend ce pays si riche. Par contre comme il n’y a qu’une route, il est facile de faire du stop et très vite nous arrivons au milieu de cette longue langue d’îles. Vous l’aurez surement deviné, ces pics nous excitent et très vite nous décidons  de faire un petit trek pour aller s’y frotter. Nous vérifions la météo…pluie, moins intenses mais pluie. Comme ici celui qui ne se mouille jamais n’a rien, nous décidons quand même de partir pour 3 jours.

Nous faisons rapidement les derniers préparatifs et à 21h30 nous sommes enfin parés pour partir. Une heure de marche plus tard nous plantons la tente au bord d’un lac. Le lendemain nous montons plus loin. Les paysages sont magnifiques et lorsque les nuages sont cléments nous pouvons même voir la mer. Nous arrivons à environ 600 mètres d’altitude et les lacs sont encore gelés. Bien pratique pour les traverser mais cela reflète bien la température et le taux d’humidité. Et puis il se met à pleuvoir, mais vraiment. On plante la tente et nous y resterons presque 24 heures à attendre que ça passe. Nous cuisinons depuis nos duvets, nous jouons aux cartes pour savoir qui sortira faire la vaisselle dans l’eau gelée du lac, nous lisons, enfin bref, nous ne nous ennuyons pas. Finalement il semble y avoir une petite accalmie, nous en profitons pour démonter le camp qui est trempé et redescendre. Seulement nous voulons faire un boucle et nous descendons donc par un itinéraire qui nous est inconnu et qui à priori ne voit pas souvent du monde puisqu’il n’y a pas de chemin. Durant trois heures nous marchons sous la pluie, les pieds dans la mousse trempée et traversant des buissons tous plus touffus les uns que les autres. Nous descendons un fjord et au bout, nous voyons la mer se rapprocher tout doucement. Nous savons qu’une fois à la mer nous aurons fait le plus dur mais la progression se fait en suivant des traces d’élan et donc bien doucement. Il s’agit probablement d’un des moments les plus éprouvants de ce voyage. Le corps trempé, épuisés par la marche, grelottant de froid, les aventuriers avancent dans des marécages inconnus. Nous finissons par y arriver, mais notre moral en a pris un coup et nous ne nous voyons pas du tout remonter le camp avec toutes les affaires humides. Il est 21h et nous décidons de demander l’hospitalité en espérant que les norvégiens comprendront que nous avons besoin d’aide. Il nous faudra faire plus de 10 maisons et 1h30 avant de trouver la chaleur d’un logis. Nous avions vraiment la haine contre l’égoïsme de tous ces habitants qui nous ont vu arriver tout mouillés et nous on conseillé d’aller voir le voisin. Heureusement que partout il y a des gens qui savent prendre le risque d’offrir un endroit sec à trois inconnus.

Cette semaine dans les îles Lofoten restera gravée dans nos mémoires.

De retour de ces îles nous déposons Yann à la gare et nous continuons à deux. Cela fait bizarre de ne se retrouver qu’à deux. Nous n’avons pas de plan précis si ce n’est que nous voulons être en France le quinze Août. Il nous reste donc un gros mois pour rentrer à la maison. Dans tous les cas il nous faut aller au sud alors faisons du stop. Johan s’arrête alors. Il nous fait monter à bord de son bolide de camion semi-remorque. Johan est polonais et va charger des saumons sur une île avant de les redescendre en Pologne. Commence alors à germer dans nos têtes l’idée de rentrer en France en passant par ces pays d’Europe de l’Est que nous ne connaissons que par nos préjugés. On commence donc par demander à Johan de passer la nuit dans la remorque de son camion  pour être au sec et de continuer avec lui le lendemain sur les îles où il va charger ses saumons. Nuit intéressante
à l’arrière d’un semi avec remorque frigorifique.

Le lendemain matin, nous montons avec lui sur le ferry qui doit nous emmener sur l’île en question. Seulement dans le ferry nous tombons sur Joran un pêcheur de coquilles Saint-Jacques qui nous invite chez lui pour la journée. Changement de plans et nous voilà pour finalement trois jours chez cet homme qui plonge dans la mer de Norvège à quelques degrés pour remonter des coquilles Saint-Jacques. Il nous emmène pêcher des maquereaux en quantité, nous régale à tout les repas des fameux coquillages et nous offre l’hébergement dans ce pays où la pluie est un temps normal.

Il est suédois et rentre chez lui un peu au nord de Stockholm. Nous ne mettons pas longtemps pour nous décider à aller avec lui pour continuer notre périple européen avec les pays baltes. Après trois jours de repos dans le château de son ami et une nuit dans les rues de Stockholm nous voilà sur le paquebot croisière destination Riga.

Europe de l’Est :

 Nous débarquons à Riga capitale de la Lettonie. La ville est magnifique. On sent bien l’ancienne présence soviétique, mais contrairement à un préjugé que nous avions ce n’est pas la misère ici, la ville est propre et il est agréable de s’y balader. En choisissant de découvrir ce pays nous sommes allés vers l’Est, ce qui est la première fois durant ce voyage. Nous ne trainons pas en Lettonie et prenons bien vite la route de la Lituanie où nous serons invités chez une mamie qui se mettra en quatre pour accueillir deux français sortis de nulle part.

La suite se passe en Pologne. En Europe de l’Est, le stop est plus populaire qu’en France ou en Scandinavie et nous enchainons facilement les « rides ». Nous faisons le choix de ne pas prendre de routes principales pour visiter les campagnes et rencontrer plus de locaux encore. Cela marche très bien en Pologne. Nous visitons les campagnes de l’Est du pays. C’est magnifique et les polonais sont vraiment accueillants et gentils avec nous.

Un jour alors que nous sommes dans une voiture on nous explique que le sud de la Pologne est montagneux et que ce massif est en fait la fin des Carpates qui sont beaucoup plus présentes en Ukraine. Notre gout pour les montagnes, l’aventure et pour les ex pays soviétiques étant toujours bien présents, il ne nous en fallait pas plus pour nous décider, cap à l’Est sur l’Ukraine.

Ukraine :

La première étape est de rentrer en Ukraine. En effet, ce pays n’est pas dans l’Union Européenne et encore moins dans l’espace Schengen, il nous faut donc franchir la frontière. Heureusement les français n’ont pas besoin de visa pour aller en Ukraine. Il y a une grande queue à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine. Beaucoup de petits commerçants vont faire leurs courses en Union Européenne et revendent en Ukraine. Fort heureusement nous sommes pris par un prêtre qui parle français et avec qui nous passons la frontière, pourtant sévère, sans souci.

Nous n’avons pas beaucoup de temps pour visiter l’Ukraine, mais nous décidons quand même de faire une boucle dans les montagnes des Carpates, nous sommes tout de même venus ici pour ça. L’Ukraine reste un pays assez pauvre, avec une forte influence soviétique (les Ladas sont très présentes ici) et le choc en arrivant de l’UE est important. Cependant nous arrivons bien à avancer en stop et à visiter les Carpates. Petite anecdote sympa alors que nous faisions du stop. Une Lada s’arrête à notre hauteur. Une conversation à grand coup de sourires, de signes et de bras qui s’agitent commence avec le chauffeur. Il est d’accord pour nous emmener un peu plus loin. Seulement, la Lada est arrêtée et ne veut plus redémarrer seule. Il nous faudra pousser la Lada pour la redémarrer et sauter dedans en marche. Joie des anciennes voitures…Nous ne sommes absolument pas déçus de ce petit détour en Ukraine car ces montagnes sont magnifiques et sauvages. Bon, on ne trouve pas de lieu sans accès à l’électricité à cause de l’ancien système soviétique, mais le pays reste bien typique.

Trois jours après notre entrée dans le pays nous voilà à la frontière avec la Slovaquie seulement les douaniers ne veulent pas nous laisser sortir… Et oui, nous ne pouvons pas franchir cette frontière à pied. Et allez faire du stop juste avant une frontière, je vous garanti que même en Ukraine ce n’est pas évident de passer sans payer. Heureusement Max a un flash et va demander à une voiture hongroise qui accepte de nous laisser traverser avec eux. Pour la première fois du voyage, nous voyons directement la corruption avec des échanges de billets dans les passeports et de mains en mains. Nous comprendrons en fait plus tard que nos hongrois font du business d’essence qui est trois fois moins chère en Ukraine et traversent la frontière plusieurs fois pas jour. Il n’empêche, nous avons fait le tour du monde, passés beaucoup de frontière et c’est tout près de chez nous que nous sommes obligés de payer un douanier pour passer une frontière… cela nous laisse pensifs !!!

Le grand retour :

Nous mettrons ensuite une semaine pour traverser la Slovaquie, la République Tchèque et tout l’Arc Alpin via l’Autriche, l’Italie et la Suisse. Nous avançons bien en stop et tous les soirs nous trouvons un super spot de camping. Dans nos têtes nous commençons à nous préparer aux retrouvailles et à notre retour en France. Une constatation, l’Europe est magnifique, variée et les Alpes tout particulièrement. Comme quoi, pas besoin de partir loin pour voir de belles choses.

Le 14 aout à 17h nous franchissons la frontière franco-suisse. Nous y sommes ! Des sentiments mêlés, de l’euphorie, de l’allégresse, de la nostalgie, bref un beau feu d’artifice dans nos têtes qui fait que nous décidons de faire un dernier camping à quelques kilomètres de chez nous histoire de reposer une peu nos têtes avant la montagne d’émotion qui nous attend. Dernières goulées de gnolle ayant fait le tour du monde et gardée spécialement pour l’occasion, dernière soirée en tête à tête autour du réchaud et dernières discussion philosophiques face aux magnifiques aiguilles de Chamonix.

Le lendemain nous ne mettrons pas longtemps pour nous retrouver chez nous et sonner comme si nous étions des inconnus. Des larmes, des sourires et beaucoup de joie de se retrouver.

Ainsi s’achève le voyage de Human Energies.

Conclusion de voyage :

 Si nous devions faire une petite conclusion elle serait la suivante :

Le monde est beau et ses habitants encore plus. Les différentes cultures sont une véritable richesse pour l’humanité et apprenons à les comprendre plutôt qu’à les imposer. Voyagez, vous qui avez la chance de pouvoir le faire, vous verrez vos yeux et vos sens s’ouvrir et quel que soit votre âge vous en ressortirez grandi. Dame Nature nous a donné la vie sur une planète magnifique, soyons en conscients, profitons en et protégeons là.

Au-delà des magnifiques paysages que nous avons pu voir ce sont les hommes qui resteront gravés dans nos têtes. Tout ces sourires, ces invitations, ces petits gestes qui font qu’on ne peut pas rester insensible à nos frères. Ayez confiance en l’homme, faites du stop et prenez les auto-stoppeurs, vous rendrez un peu plus humains vos voyages et vous deviendrez à chaque fois un peu plus convaincu vous aussi de la beauté de la nature humaine.

Nous revenons de ce voyage avec la tête bien pleine et beaucoup de projets de nouveaux voyages dans le monde ou tout simplement en France.

Même si le voyage est terminé, Human Energies n’est pas mort et le projet de sensibilisation va maintenant continuer en France.

Que votre vie soit heureuse !